La pétanque se croit mondiale. Elle ne l’est pas encore !


À la veille d’un changement d’année, au moment où l’on dresse des bilans et où l’on interroge l’avenir, nous avons souhaité poser cette réflexion.

24 millions de Français jouent à la pétanque au moins une fois par an. 300 000 sont licenciés. Les sports de boules sont présents dans 165 pays, structurés par 262 fédérations, et rassemblent plusieurs millions de pratiquants. L’Asie s’est imposée comme un acteur majeur de la discipline.

Sur le papier, la pétanque est un sport mondial.

Dans la réalité médiatique, elle ne l’est pas.

Nous avons longtemps entretenu une illusion collective : celle d’un sport reconnu parce qu’il est diffusé, ou a été diffusé, sur Canal+, France 3 ou La chaîne L’Équipe. Or ces chaînes sont des médias linéaires, à diffusion essentiellement nationale. Elles parlent à la France. Pas au monde.

La candidature aux Jeux Olympiques aurait permis de franchir un cap décisif. Elle n’a pas abouti. Ce rendez-vous manqué oblige aujourd’hui la pétanque à regarder les choses en face et à changer de stratégie.

Pendant ce temps, la FIPJP a mené, sous l’impulsion de Claude Azéma, un travail structurant, patient et indispensable pour implanter la discipline sur tous les continents et accompagner l’émergence de nouvelles nations. Un cycle long de vingt années, au cours duquel le nombre de fédérations est passé de moins de cinquante à plus d’une centaine, chaque continent s’est doté de ses propres championnats et le nombre de compétitions mondiales s’est considérablement élargi.

Cette dynamique sportive existe bel et bien. Elle marque aujourd’hui une transition, avec l’arrivée à la présidence du Luxembourgeois Gérard Schneider, chargé de prolonger et de structurer cet héritage. Mais malgré ces avancées institutionnelles et sportives majeures, cette évolution n’a pas été relayée, à la hauteur de son potentiel, par l’image et la diffusion internationale.



 

Car l’image est devenue centrale.

Nous l’avons constaté très concrètement : certains contenus pétanque diffusés sur Boulistenaute TV ont circulé bien au-delà des frontières françaises. En Asie, en Afrique, en Amérique du Sud. Des millions de vues, parfois. Et un paradoxe évident : la pétanque intrigue, attire, fascine… mais n’est pas comprise, et se retrouve parfois moquée.

Pourquoi ?
Parce que nous parlons entre nous.
Parce que notre jeu, notre vocabulaire et nos codes restent fermés à ceux qui découvrent.

Nous vivons en vase clos.

La triplette, format le plus souvent mis en avant au plus haut niveau, est pourtant un jeu complexe : six joueurs sur un terrain, des rôles bien identifiés, des choix tactiques permanents et une lecture fine des situations. À ce niveau, le commentaire n’est pas un simple accompagnement. Il est indispensable pour décrypter le jeu, expliquer les décisions et rendre lisibles les enjeux.
Mais sans compréhension de ce commentaire, celui-ci cesse d’être un outil de lecture et devient un simple bruit de fond pour le spectateur non francophone.

C’est précisément pour cela que Boulistenaute a fait le choix de s’engager sur certaines vidéos majeures. Un travail que peu de médias prennent le temps de mener :
– corriger intégralement les sous-titres français afin qu’ils reflètent fidèlement l’audio réel de nos commentateurs spécialisés,
– traduire en anglais de manière rigoureuse et contextualisée, sans trahir l’identité de la pétanque.

Ce n’est ni un gadget, ni un luxe.
C’est une condition pour exister à l’international.

YouTube est aujourd’hui l’outil de diffusion le plus puissant au monde. Ignorer ses codes, c’est accepter que la pétanque reste un sport regardé uniquement par ceux qui la connaissent déjà.

À l’inverse, adapter nos contenus, c’est permettre aux événements, aux joueurs et aux territoires d’être vus, compris et identifiés partout. C’est aussi ouvrir la porte à de nouveaux publics, à de nouvelles fédérations et, demain, à des équipes étrangères qui viendront jouer sur nos terrains.

C’est dans cette logique que nous souhaitons poursuivre notre travail. Adapter les contenus, imaginer de nouveaux formats, faciliter la lecture du jeu, mettre en valeur à la fois la richesse tactique et la dimension visuelle de la pétanque, faite de beaux gestes, de précision et de maîtrise. Créer aussi des événements audiovisuels capables de rendre ce sport accessible, lisible et attractif pour tous.

À l’heure de refermer une année et d’ouvrir 2026, nous avons souhaité poser cette question.

La pétanque est mondiale par ses chiffres.
Elle doit maintenant le devenir par son image.

Le reste n’est qu’auto-satisfaction.

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Participez au sondage YouTube “Selon vous, qu’est-ce qui empêche la pétanque d’être vraiment mondiale ?”